La majorité des partisans de la modération ont moins de poids que les annexionnistes, mais ils trouvent chez Bethmann Hollweg une oreille attentive. Les buts de guerre américains sont énoncés dans les « quatorze points de Wilson » énoncés par le président Woodrow Wilson dans un discours au Congrès des États-Unis, le 8 janvier 1918. La France doit entre autres céder le bassin de Briey ainsi qu'une partie de la côte allant de Dunkerque à Boulogne-sur-Mer[12]. Au moment de leur publication (1961), les conclusions radicales de Fischer divergent clairement du consensus en vigueur dans l'université allemande, déclenchant pour une vingtaine d'années (de 1962 au milieu des années 1980) une polémique acerbe, qui a trouvé un large éc… Publié le 19/11/2018 à 13:26 - 11 min - Modifié le 15/01/2020 par M&S. Cette expansion du pouvoir, critique et mesurée ou radicale et excessive, est l'expression d'une conscience politique spécifique à l'ère wilhelmienne : elle comprend l'accumulation de pouvoir comme le noyau de l'existence d'un État. Les gouvernements ne parlent, dans la première phase de la guerre, des buts de guerre que de manière générale, et cela jusqu'en 1917[4] ; ils se consacrent plus volontiers à rallier l'opinion publique à l'idée de victoire. La politique des buts de guerre de l'Empire allemand était l'illusion de la puissance allemande à travers une surestimation irréaliste. Commencer une guerre, prendre des territoires à un État étranger, a été de tout temps le droit indiscutable de tout État souverain. Politique d'avant-guerre, buts de guerre d'avant 1914 et buts de guerre de 1918 forment une unité, tout comme les buts de guerre des différents groupes, partis et classes en forment une[47]. Dans les premières années de la guerre, Alfred von Tirpitz est son principal adversaire[40]. Cependant, la pression des Français, favorables à la cause polonaise, oblige Nicolas II à accorder la liberté à la Pologne russe : en mai 1916, la mission Briand-Thomas la présente comme une exigence prioritaire. On cherche alors à définir les buts de guerre de l'Autriche-Hongrie. En réponse à cette constatation, les planificateurs allemands développent l'idée d'une sphère allemande se déployant du golfe de Gascogne jusqu'à l'Oural. Pour Gerhard Ritter, « le fait que les reports de frontières n'ont plus qu'une signification militaire réduite à l'époque des guerres de masse, des moyens de transport modernes et des avions n'était pas du tout familier aux militaires de métiers[6] », et donc également méconnu des hommes politiques et des journalistes. 1918 représente l'apogée des projets de l'Allemagne concernant ses buts de guerre. Garantir la neutralité et l'intégrité des États à proximité de la Manche, c'est-à-dire la Belgique et les Pays-Bas qui s'inscrivent comme une zone tampon protégeant le territoire britannique de toute invasion.Continuité d'une seule et même politique depuis la fin de la guerre de Cent Ans, maintenir l'équilibre continental en Europe (il faut éviter que l'Allemagne ne deviennent trop puissante). Ainsi, dans son ouvrage Weltmacht oder Niedergang (puissance mondiale ou déclin), Fischer confère au programme de septembre des objectifs également intérieurs allemands, tout l'intégrant dans une politique allemande de moyen terme[30]. Avec son « alliance entre le domaine seigneurial et le haut fourneau », l'Allemagne a mené une politique de buts de guerre qui ne peut être expliquée que par le dilemme du système conservateur d'un État agraire industrialisé dans lequel le pouvoir économique des conservateurs s'est de plus en plus réduit[49]. – Fritz Fischer, Les Buts de guerre de … Voici l’autre, telle que Riezler, le confident du chancelier allemand Bethmann-Holweg, la développe le 29 août 1914 pour le chef du service de presse du ministère allemand des Affaires étrangères : "Le but de la guerre est de nous garantir, à l’Est et à l’Ouest, pour une durée prévisible, par l’affaiblissement de … ; À Remenoville, Frédéric Henri Wolff, chef de bataillon du 36 e Régiment d’infanterie coloniale, est le premier soldat fusillé pour l'exemple [1]. 2 août : . L'objectif à long terme qu'Hitler s'était déjà fixé dans les années 1920, celui d'un empire oriental sur les ruines de l'Union soviétique, n'était donc pas seulement une vision, mais trouvait dans la réalité un point d'attache, celui de 1918. Le Gouvernement provisoire russe, dirigé par le prince Gueorgui Lvov puis par le socialiste Alexandre Kerenski, présente la continuation de la guerre comme une lutte des démocraties contre les empires autoritaires (allemand, austro-hongrois et ottoman) sans arriver à résoudre la contradiction entre le maintien de l'unité russe et les revendications des Polonais, Finlandais, Ukrainiens et autres peuples périphériques[66]. La création de cet État indépendant s'effectuerait sous protectorat austro-hongrois. Les deux auteurs proviennent d'horizons différents, puisque Henri Lichtenberger est professeur de littérature allemande, et Paul … Les composantes nationales (völkisch) motivant cette colonisation apparaissent alors comme une composante de la politique des buts de guerre[22]. C'est ainsi qu'une paix de conciliation est restée impensable pour les dirigeants allemands, tant elle aurait signifié une perte de leur pouvoir de manière aussi certaine qu'une défaite venue de l'extérieur. Cependant, il se positionne contre ceux qui, lors de la publication de ses ouvrages, affirment que les conditions de paix dictées en 1919 au Reich vaincu auraient été responsables de l'arrivée au pouvoir des nazis en 1933[26]. Retrouver les terres perdues lors de la Seconde Guerre balkanique. non, toute sa vie il racontera son histoire, et tout le monde l’admirera. Au cours du conflit et au-delà[20], les propositions du Septemberprogramm ont servi de base à la fois pour l'élaboration des buts de guerre du chancelier, notamment en mars 1916 et pour les tentatives allemandes de négociations avec la France et le Royaume-Uni[3]. Dans le cas d'une partition de l'Albanie, telle que Conrad la réclame, le rattachement de la partie septentrionale serait un poids immense. Une thèse exactement opposée, celle de Fritz Fischer dans Les buts de guerre de l'Allemagne impériale 1914-1918 (1961), soutient au contraire que Guillaume II a déclenché la guerre pour faire de l'Empire Allemand une puissance mondiale. Pourquoi Hitler a déclenché la seconde guerre mondiale ? Le professeur Ernst Rudolf Huber estime que « du point de vue des buts de guerre annexionnistes, on ne peut formuler le reproche ni pour l'une ni pour l'autre des parties d'être entrées dans la guerre, vu le fondement de cette dernière, comme dans une guerre de conquête[1] ». Le déclin de plus en plus important de la puissance russe à cause de la révolution et la désinvolture face à l'entrée en guerre américaine déclenchent une volonté encore plus grande d'une « chevauchée à l'Est[32] ». Le courant panslave représenté par le prince Grigori Troubetskoï (ru), chargé des affaires ottomanes et balkaniques au ministère des Affaires étrangères, réclame un soutien à la Serbie et l’extension de l’hégémonie russe vers les Balkans et Constantinople. Le Vatican proclama dans le premier conflit mondial sa « stricte » par une — tardive — note de YOsservatore Romano le 18 octobre 1914, neutralité « la plus absolue » ensuite souvent réaffirmée par Benoît XV et son secrétaire d'État Gasparri '. Lancée dès les déclarations de guerre qui déclenchent le premier conflit mondial début août 1914, la guerre à l’est de l’Europe est d’abord rythmée par une série d’opérations militaires de mouvement en Prusse-Orientale et en Pologne, à l’instigation des Russes qui défont plusieurs fois les Autrichiens en Galicie puis envahissent la Prusse-Orientale. À l'époque du nationalisme et de l'impérialisme, presque personne ne reconnaît que les annexions n'affaibliraient pas l'ennemi et ainsi que la paix ne pourrait pas être assurée, mais au contraire de nouveau mise en danger[7]. Les conflits de pouvoir apparaissent alors comme la force motrice la plus profonde de l'Histoire[36]. Buts de guerre L’Album franco-allemand de la Grande Guerre. Pavel Milioukov, ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement, veut reprendre les vieilles revendications des tsars sur Constantinople et les Détroits mais il est contrecarré par le soviet de Petrograd, nouveau pouvoir qui concurrence celui du Gouvernement provisoire : le 14 mars 1917, le soviet adresse un manifeste « aux peuples du monde entier » pour exiger une « paix sans annexions ni indemnités ». Les annexionnistes essaient, pour le dire simplement, de résoudre par l'expansion les grands problèmes de l'Empire en matière de politique étrangère. Du point de vue de ce dernier, la Grèce n’aurait pas été capable de tenir le front face aux Bulgares et aux Ottomans simultanément, en dépit des promesses d’une assistance active des forces alliées. Le 4 décembre 1914, un député social-démocrate allemand, l’avocat antimilitariste Karl Liebknecht, viole enfin la discipline de la fraction sociale-démocrate au Reichstag et vote contre le deuxième paquet de crédits de guerre. La conquête de la Serbie en 1915 par les Austro-Hongrois motivera davantage sa décision. Les rédacteurs allemands souhaitent la constitution d'un bloc colonial allemand en Afrique, composé de l'Angola, du nord du Mozambique, du Congo belge et de l'Afrique-Équatoriale française, et le Togo serait agrandi par l'annexion du Dahomey et de la Sénégambie[4]. 1914-1918 (Griff nach der Weltmacht…). Le Septemberprogramm (« Programme de septembre ») est la recension des buts de guerre poursuivi par le chancelier allemand Theobald von Bethmann Hollweg.Il est rendu public le 9 septembre 1914, cinq semaines après le début de la guerre.C'est un programme expansionniste en Europe qui vise à mettre en place une Mitteleuropa sous domination politique et économique allemande. 1 er septembre : . Histoire de la Grande Guerre, 1914 à 1918 (1915) ... la position conquise fut conservée et les contre-attaques des Allemands repoussées avec pertes. L'Autriche-Hongrie entre dans la guerre pour protéger ses intérêts dans la péninsule des Balkans, ainsi que son existence, qu'elle voit menacée par la Russie. Quelques semaines plus tard, la survie a éclipsé les plans d'acquisition[54]. Ultimatum du Reich à la Belgique enjoignant au gouvernement de laisser libre passage à l'armée allemande. Après que les buts de guerre (pour la plupart irréalistes) ont été formulés dans l'euphorie des premières semaines du conflit, Bethmann Hollweg fait interdire à la fin 1914 les débats publics sur les buts de guerre par rapport aux pays neutres et au monde ouvrier allemand. Les buts de guerre détaillés sont secondaires, seul le caractère héroïque de la guerre compte. Le but principalement économique formulé avant-guerre d'une expansion coloniale en Afrique et en Asie mineure est vite remplacé par une expansion générale de la puissance allemande en Europe, l'Allemagne se sentant en danger du fait de sa position centrale. Les traités complémentaires au traité de Brest-Litovsk du 27 août 1918 marquent certes une nouvelle humiliation russe, mais mettent également un terme provisoire aux plans d'annexions allemands[11]. La propagande annexionniste est surtout efficace dans les couches industrielles et intellectuelle contrairement à tous les cercles de la population lors de la Seconde Guerre mondiale. plan d’attaque allemand est à la ase un moyen de défense, onçu par peur d’être envahis par la 6 LUDENDORFF, Erich, « Les buts de guerre de létat-major allemand », dans Pierre Guillen, dir., Histoire de l’Allemagne, Tome 2: L’Empire allemande 1871-1918, Paris, Hatier, 1970, p. 190. Lors du premier confinement, des passionnés ont retrouvé la trace de la clé du fort de Cerfontaine, situé à Colleret (Nord). Ludendorff ne croit pas à une séparation étatique durable de l'Ukraine vis-à-vis de la Russie. Le but principalement économique formulé avant-guerre d'une expansion coloniale en Afrique et en Asie mineure est vite remplacé par une expansion générale de la puissance allemande en Europe, l'Allemagne se sentant en danger du fait de sa position centrale. » extrait de M. Barrès, L’Écho de Paris , 1914. Le programme assigne au conflit qui débute à l'Ouest des objectifs de différentes natures pour assurer au Reich un surcroît de « sécurité »[11] aussi bien politique, qu'économique et militaire sur ses frontières[N 1],[12], dans le cadre d'une paix qui ne pourra plus être « troublée » par aucun adversaire, selon le mot de Moltke le jeune[3]. Le tant voulu Imperium Germanicum n'a pas seulement échoué à cause de la « continuité dans l'erreur[41] », mais dans les défauts des structures internes de l'Empire, qui n'était alors pas capable de s'auto-limiter dans la domination sur l'Europe continentale. Au cours de la guerre, Elefthérios Venizélos plaidait pour le soutien inconditionnel aux Alliés, peu importe les risques encourus. Au terme de ces annexions européennes et ailleurs, la France et la Belgique seraient placées sous une étroite dépendance allemande[12]. D'un autre côté, les aspirations d'expansion exprimées publiquement ont une influence négative sur la position des états neutres. Dans la deuxième moitié de la guerre, l'expression socialiste « paix sans annexions[25] » est très populaire. Équilibre et contestations du programme du chancelier, « processus d'impérialisme économique parfaitement mythique », Les rédacteurs ne développent pas précisément les buts de guerre allemands en, Les Buts de guerre de l'Allemagne impériale, nouvelle diplomatie mise en œuvre à partir de 1933, Buts de guerre de la Première Guerre mondiale, Texte complet du Programme de septembre (en français), https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Septemberprogramm&oldid=169866990, Histoire militaire de l'Empire allemand pendant la Première Guerre mondiale, Article avec une section vide ou incomplète, Article contenant un appel à traduction en allemand, Portail:Époque contemporaine/Articles liés, Portail:Première Guerre mondiale/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. Les Buts de guerre de l'Allemagne impériale, publié en allemand sous le titre Griff nach der Weltmacht, est un ouvrage de l’historien allemand Fritz Fischer paru en 1961.Il est consacré à la stratégie politique de l'Empire allemand à la veille et au cours de la Première Guerre mondiale, et à la question d'une responsabilité principalement allemande au déclenchement du conflit. Il rend publics les documents diplomatiques de l'ancien régime en rejetant les objectifs de la « guerre impérialiste » et signe avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie le traité de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918. Toutefois, il y a des cas où raison de guerre et buts de guerre se recouvrent, comme c'est par exemple le cas pour l'Italie, la Roumanie ou la Bulgarie. Prendre sa revanche contre l'Empire allemand afin d'essuyer l'humiliation de l'occupation et de la dette subie durant la guerre franco-prussienne de 1870-71, ainsi que la restitution des terres d'empire allemandes de l'Alsace-Lorraine. Ce n'est qu'après cela que le combat pour la place au soleil a de bonnes chances d'aboutir[10],[11].